Comment la réassurance permet aux assureurs d’améliorer leur marge ?

Le transfert des risques aux réassureurs permet aux assureurs d’améliorer leur ratio de solvabilité. Mais les systèmes d’information qui supportent les échanges entre la société cédante et la société de réassurance peuvent souvent être optimisés pour dégager de nouvelles sources d’économies
Eclairage avec Gilles Guedj, Directeur Général de l’industrie Assurance sur l’Europe du Sud chez DXC
La réassurance revient sur les devants de la scène avec la baisse des taux d’intérêt. Pourriez-vous nous expliquer le lien entre les deux sujets ?
« L’utilisation d’outils bureautiques et les échanges manuels de fichiers sont sources d’erreurs non négligeables »
La baisse des taux d’intérêt pèse sur le ratio de solvabilité des assureurs ; ceux-ci sont donc fortement incités à activer les leviers à leur disposition pour compenser ce phénomène.
Le levier le plus fréquemment utilisé est celui du transfert du risque vers une société tierce (la réassurance) ou plus rarement vers les marchés financiers, à travers des ILS de type « Cat Bond ». Le refinancement est également utilisé pour améliorer la qualité de la dette.
Concernant la réassurance, quelles sont les modalités concrètes de mises en œuvre ?
Les assureurs utilisent en général la réassurance pour couvrir les risques catastrophiques (de criticité forte et d’occurrence faible) et conservent en propre les risques fréquents et de criticité faible.
La compagnie peut se réassurer auprès d’une autre compagnie de réassurance et/ou créer sa propre société de réassurance « captive ». Dans les deux cas, l’assureur va céder un portefeuille de risque et reverser les primes associées au réassureur.
Le scénario d’une société de réassurance captive présente comme avantage supplémentaire pour l’assureur de couvrir des risques particuliers que les réassureurs externes ne veulent pas prendre en charge et contribue également à stabiliser le montant des primes au niveau groupe en lissant les cycles, en réduisant les coûts d’intermédiation et en entretenant la concurrence avec les réassureurs externes.
Quels challenges anticipez-vous pour les compagnies dans ce domaine de la réassurance ?
On l’a vu, le paysage de la réassurance se complexifie avec la diversification des solutions de transfert du risque et des acteurs (réassureurs externes et captifs). Or, les systèmes d’information qui supportent les échanges et les process de réassurance chez la plupart de nos clients ne sont aujourd’hui pas à la hauteur : l’utilisation d’outils bureautiques et les échanges manuels de fichiers sont sources d’erreurs non négligeables.
La récente mise en œuvre du progiciel SICS (solution de gestion de réassurance) chez un de nos clients européens a permis de réduire de 2,25% les primes cédées et d’augmenter de 3% la valeur des sinistres recouvrés, soit plusieurs millions d’Euros. La suppression de ces erreurs à l’avantage du réassureur ont permis d’amortir le projet en moins d’un an, tout en dotant notre client d’une plateforme applicative robuste et évolutive pour tirer le meilleur parti de son activité de réassurance.
DXC et SICS
DXC est l’éditeur et l’intégrateur privilégié de SICS, leader mondial du progiciel de réassurance. SICS est utilisé par 85 clients - dont 6 des 10 principaux réassureurs - dans 25 pays.